Un article paru en février

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Un article paru en février

Message  Guillaume le Mer 20 Juil - 5:30

Salut,

Je copie-colle un article paru dans Le Monde en Février 2011, et que je viens de lire sur internet.

Je vous invite à le lire. Même quelques mois plus tard, c'est toujours bon de le lire et de le prendre en compte pour nos choix à l'avenir. c'est un peu long, mais ça vaut le coup de prendre quelques minutes je pense.


Le Monde diplomatique, février 2011
PRODUCTION INTENSIVE, EXPLOITATION DE LA MAIN-D'OEUVRE, ABSENCE DE
TRAÇABILITE, FLORISSANTE INDUSTRIE DE L'AGRICULTURE BIOLOGIQUE
Des poules élevés en batterie, des tomates en toute saison, des vergers où l'on exploite des
ouvrières immigrés... Oui, mais « bio » ! Ou comment un mouvement lancé par des militants
soucieux de défendre la petite paysannerie tout en rejetant les logiques productivistes risque
de s'échouer sur les têtes de gondole des supermarchés.
Par Philippe Baqué
« Les écolos et les soixante-huitards ont laissé la place aux professionnels ! »
Ainsi s'exprimait en juin 2009 un technicien de la coopérative Terres du Sud qui, dans le Lot-et-
Garonne, organisait une journée « découverte » dans des élevages intensifs de... poulets
biologiques. Les performances des installations livrées clefs en main par la coopérative, les crédits
et les aides publiques proposés étaient censés convertir les agriculteurs invités. En effet, pour
approvisionner la grande distribution et la restauration collective1 (1), les puissantes coopératives
agricoles, liées aux grandes firmes de l'industrie agroalimentaire, se livrent désormais une
concurrence farouche dans l'élevage de ces poulets au-dessus de tout soupçon. Elles profitent de la
nouvelle réglementation européenne qui permet à un éleveur de produire jusqu'à soixante-quinze
mille poulets de chair bio à l'année et ne limite pas la taille des élevages de poules pondeuses bio.
Ces coopératives ont compris qu'elles pouvaient gagner beaucoup d'argent avec un type
d'agriculture qu'elles ont longtemps dénigré. En y appliquant leurs méthodes. « les producteurs sont
sous contrats serrés et perdent toute leur autonomie, raconte M. Daniel Florentin, membre de la
Confédération paysanne, ancien éleveur de volailles bio qui a travaillé avec la coopérative landaise
Maïsadour. Ils sont lourdement endettés pour au moins vingt ans et doivent livrer la totalité de leur
production à la coopérative qui s'engage à la prendre, sans prix déterminé à l'avance. C'est un pur
système d'intégration, courant dans les élevages intensifs conventionnels. »
Depuis 1999, problèmes de santé et d'environnement obligent, la consommation de produits
alimentaires biologiques en France croît de 10 % par an. En 2009, malgré la crise, le chiffre
d'affaire des produits bio a augmenté de 19 %2 (2). ce marché, longtemps marginal, est devenu
porteur et a été investi par la grande distribution, qui réalise désormais plus de 45 % des ventes.
1 Pour atteindre l'un des objectifs fixé par le Grenelle de l'environnement, l'Etat envisage d'introduire, d'ici à 2012,
20% de denrées issues de l'agriculture biologique dans les menus de la restauration des administrations et des établissements publics
2 La plupart des chiffres citées proviennent du dossier de presse de l'Agence Bio « les chiffres de la bio sont au vert »,
2010, WWW.agence-bio.fr, et de sont ouvrage Agriculture biologique, chiffres clés. Editions 2009, La
Documentation française, Paris.
1
Toutefois en 2009, malgré la progression des conversions, seuls 2,46 % de la surface agricole
utilisée étaient en bio. Pour satisfaire la demande des consommateurs, les acteurs dominant le
marché ont donc choisi deux solutions: un appel massif aux importations et le développement d'une
agriculture bio industrielle et intensive.
La notion d'agriculture biologique est née et s'est répandue en Europe en réaction à l'agriculture
chimique et productiviste qui s'est généralisée après la seconde guerre mondiale. Au début des
années 1960, un réseau de petits paysans producteurs de bio et de consommateurs crée Nature et
Progrès. L'association attire une grande partie des populations urbaines qui décident, par conviction,
de retourner à la terre et tisse des liens avec les différents mouvements écologiques et politiques,
comme la mouvance antinucléaire et le syndicat Paysans-travailleurs dans les années 1970, puis la
Confédération paysanne et les anti-OGM (organismes génétiquement modifiés) à partir des années
1990. ce faisant, Nature et Progrès a intégré dans sa charte un certain nombre de principes: refus des
produits de synthèse, traitements naturels, diversification et rotation des cultures, autonomie des
exploitations, énergies renouvelables, défense de la paysannerie, biodiversité, semences paysannes,
souveraineté alimentaire... Pour redonner du sens à la consommation et recréer des liens sociaux, la
vente des produits biologiques est assurée par des marchés locaux, foires et groupements d'achat qui
donneront naissances au réseau des Biocoop3 (3). La charte de Nature et Progrès a inspiré celle de la
Fédération internationale des mouvements d'agriculture biologique (Ifoam), adoptée en 1972, qui
associait au critères agronomiques des objectifs écologiques, sociaux et humanistes.
Mais le mouvement paysan et social lié à ce type de culture peine à trouver sa cohérence. Dans les
années 1980, le cahier des charges de Nature et Progrès officiellement reconnu cohabite avec une
quinzaine d'autres créés par différents mouvements. En 1991, prenant prétexte de cette confusion,
Bruxelles en impose un pour l'ensemble de l'Union européenne, dont l'application par l’État français
donne naissance au label national AB. Les organismes certificateurs, privés et commerciaux, vont à
l'encontre du contrôle participatif réalisé jusqu'alors par des commissions de producteurs, de
consommateurs et de transformateurs.
Nature et Progrès connait alors une grave crise. Certains membres décident de boycotter le label.
D'autres, tentés par un marché bio en pleine expansion, quittent l'association. « La certification a
favorisée les filières au détriment des réseaux solidaires, explique M. Jordy Van den Akker, ancien
président de l'association. L'écologie et le social, qui sont pour nous des valeurs importantes de la
bio, ne sont plus associés à l'économique. Le label et la réglementation européenne ont permis de
développer un marché international facilitant la libre circulation des produits, le commerce et la
concurrence. Nous ne nous reconnaissons pas là-dedans. »
Entrée en vigueur le 1er janvier 2009, une nouvelle réglementation européenne permet, entre autres,
0,9 % d'OGM dans les produits bio et des dérogations pour les traitements chimiques4 (4). « La bio
est totalement incompatible avec les OGM, réagit M. Guy Kastler, éleveur dans l'Hérault et militant
de Nature et Progrès. Nous, nous continuons à exiger 0 % d'OGM ! La nouvelle réglementation
définit des standards et ne se soucie plus des pratiques agricoles. On est passé d'une obligation de
moyens - quelle méthode de culture utilisée ? - à une obligation de résultat - quel résidu est
décelable dans le produit fini ? C'est la porte ouverte à la généralisation d'une agriculture bio
industrielle. »
3 Pascal Pavie et Moustie, Manger bio, pourquoi ? Comment ? Le guide du consommateur éco-responsable, Edisud,
Aix-en-Provence, 2008.
4 « Bio/OGM: le vote des députés européens à la loupe », 21 mai 2009, www.terra-economica.info
2
Dans ce processus, les coopératives agricoles sont en pointe. Grâce, en particulier, à l'alimentation
des volailles qu'elles produisent et fournissent aux agriculteurs, leurs marges bénéficiaires sont
considérables. L'ancienne réglementation française imposait à un éleveur bio de produire 40 % de
l'alimentation animale sur ses terres. Ce lien au sol n'existe plus dans la nouvelle réglementation
européenne. L'éleveur achète aux coopératives la totalité des aliments, dont l'un des composants
majeurs est le soja. En 2008, en France, la production de volailles bio a progressé de 17 %, alors
que celle de soja bio a diminué de 28 %. le soja importé, beaucoup moins cher, s'est imposé.
En novembre 2008, trois cents tonnes de tourteaux de soja bio venus de Chine par l'intermédiaire
d'une filiale de la coopérative Terrena étaient retirées du marché après qu'on y eu décelé un taux
important de mélamine, produit très toxique. L'entreprise a depuis renoncé à son commerce avec le
géant asiatique, mais, pour alimenter les volailles bio du Grand Ouest, elle s'approvisionne sur un
marché international où les courtiers sont rois et ne font pas bon ménage avec la transparence.
Le soja bio acheté en Italie – qui peut avoir été produit en Roumanie ou en Pologne – est en
concurrence avec celui du Brésil. Celui-ci est cultivé par des petits producteurs de l’État du Parana,
dépendants de grandes sociétés d'exportation, et surtout du Mato Grosso, où les fazendas bio – dont
les propriétaires refusent les visites de la presse – peuvent atteindre jusqu'à cinq mille hectares5 (5).
ce dernier État est le plus impliqué dans la destruction de la forêt amazonienne.
Selon WWF-France, deux millions quatre cent mille hectares de forêt disparaissent chaque année en
Amérique du Sud, directement ou indirectement à cause du soja6 (6). pourtant, aucune certification,
même au rabais, garantissant qu'il ne participe pas à ce désastre n'est exigée pour le soja bio
brésilien.
Si l'agriculture biologique représente une part minime des activités des grandes coopératives, cellesci
entendent néanmoins y imposer leur suprématie. Terrena a acheté l'entreprise Bodin, leader du
poulet bio français; la coopérative Le Gouessant possède désormais l'Union française d'agriculture
biologique; Euralis a des parts importantes dans Agribio Union... Nombre d'associations
interprofessionnelles régionales de promotion du bio et la quasi totalité des chambres d'agriculture –
de plus en plus impliquées dans la gestion de ce type de culture – sont sous l'influence des
coopératives. L'Institut national des appellations d'origine (INAO), qui assure désormais
l'appliquation de la réglementation européenne en France, est dirigée par M. Michel Prugue,
président de Maïsadour, qui commercialise plusieurs variétés de semences OGM.
Ces coopératives, qui ne renient en rien l'usage des produits chimiques dans l'agriculture dite
« conventionnelle », renforcent leurs liens avec les multinationales impliquées dans la recherche et
la commercialisation des OGM. Quarante pour cent des parts de Maïsadour Semences, une filiale de
Maïsadour, appartiennent à la société suisse Syngenta, héritière des activités agrochimiques de
Novartis. Maïsadour Semences possède des usines de production sur une bonne partie
de la planète7 (7). cette influence grandissante des coopératives qui ont des intérêts financiers dans
le secteur des OGM n'est sans doute pas étrangère à la décision de la Commission européenne de
fixer à 0,9 % le taux d'OGM toléré dans les produits bio, alors que le Parlement européen s'y était
opposé.
5 Cf. les articles de Cécile Leclère et Ben Hoppensted, « Mission en Amérique latine », Biocontact, Gaillac (juin à
septembre 2008.
6 Boris Patentreger et Aurélie Billon, « Impact de l'agriculture et de l'alimentation industrielle sur la forêt dans le
monde - role de la France », WWF-France, Paris, avril 2008.
7 Dans l'Etat brésilien du Paranà, en octobre 2007, une milice armée missionnée par Syngenta a assassiné un militant
du Mouvement des sans-terre (MST) qui occupait en compagnie d'une centaine d'autres agriculteurs des champs de
recherche OGM de la société suisse.
3
La France importe plus de 60 % des fruits et légumes biologiques qu'elle consomme. ProNatura est
le leader français de leur commercialisation dans les boutiques spécialisées et les supermarchés. En
moins de dix ans, cette entreprise du sud-est de la France a multiplié son chiffre d'affaire par dix et
absorbé quatre autres sociétés. Un quart de ses produits viennent de France, mais le reste est
importé d'Espagne (18%), du Maroc (13%), d'Italie (10%) et d'une quarantaine d'autres pays.
ProNatura est la première société à avoir commercialisé des fruits et légumes bio hors saison.
Cela n'empêche pas son fondateur, M. Henri de Pazzis, de prôner le respect de la terre, de
l'environnement, du paysan et du consommateur. Mais la loi dictée par les sociétés de la grande
distribution est bien éloigné de ces principes. « elles adoptent pour le bio les mêmes mécanismes
d'achat destructeurs que pour le conventionnel, explique M. de Pazzis. Elles encouragent la
concurrence de façon agressive. Certains de nos produits sont déréférencés car d'autres
fournisseurs proposent des prix très inférieurs aux nôtres. » Dans cette guerre des prix, à laquelle
ProNatura et les autres sociétés d'import-export ont choisi de participer, le social et le respect de
l'environnement ont bien peu de place.
Depuis douze ans, ProNatura importe des fraises bio espagnoles produites par la société Bionest.
Ses patrons, MM. Juan et Antonio Soltero, possèdent dans la région de Huelva cinq cents hectares
de serres qui, à première vue, ne se différencient en rien des milliers de serres conventionnelles
couvrant la plaine. Sinistrée par une monoculture de fraises particulièrement polluante et
exploiteuse de main-d'oeuvre. Comme d'autres entreprises, Bionest se situe au sein du parc naturel
de Doñana, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco8 (Cool. selon WWF-Espagne, les serres se
multiplient de façon plus ou moins illégale sur le parc et pèsent lourdement sur l'environnement, en
menaçant notamment les réserves d'eau9 (9).
Bionest ne respecte pas la biodiversité (le peu de variétés de fraisiers utilisées sont les mêmes que
dans les serres conventionnelles), pratique la monoculture, injecte des fertilisants aux plantes par un
système d'irrigation en goutte-à-goutte... Ses méthodes de culture ne sont pas radicalement
différentes de celles des serres conventionnelles de Huelva. Seuls les intrants certifiés lui assurent le
label bio. Pour la récolte, Bionest embauche des centaines de Roumaines, de Polonaises et de
Philippines... particulièrement précarisées. Le sujet est très sensible et les patrons de Bionest
refusent de recevoir les journalistes pour s'en expliquer.
Ces femmes qui sont directement recrutées dans leur pays par les organisations patronales
espagnoles, viennent chaque année en Espagne avec des visas et des « contrats d'origine » à durée
limitée. Ne connaissant pas leurs droits, elles sont totalement soumises à leurs employeurs10 (10).
M. Francis Prieto, membre du Syndicat des ouvriers des campagnes (SOC), improvise une visite
des logements des travailleuses de Bionest. Totalement isolées au milieu des serres, celles-ci
doivent se soumettre à un règlement strict : interdiction des visites, sorties contrôlées, passeports
confisqués... « Elles sont terrorisées par leurs patrons, explique M. Prieto, et subissent la même
exploitation que les autres saisonnières de Huelva, avec des conditions de travail particulièrement
difficiles. »
8 Cf. « Importer des femmes pour exporter du bio ? », Silence, n°384, Lyon, novembre 2010.
9 Communiqué de WWF: « Fraises espagnoles: exigeons la traçabilités », 23 mars 2007; www.wwf.fr
10 Emmanuelle Hellio, « Importer des femmes pour exporter des fraises (Huelva) », Etudes rurales, n°182, Paris,
juillet – décembre 2008.
4
Bionest n'est pas un cas isolé en Andalousie. Dans les environs d'Almeria, AgriEco produit sous
cent soixante hectares de serres, conditionne et commercialise de septembre à fin juin plus de onze
mille tonnes de tomates, poivrons et concombres « bio ». dans les serres dotées de technologies de
pointe, les intrant sont certifiés bio et les saisonnières sont roumaines et marocaines. M. Miguel
Cazorla, son directeur, prévoit avec fierté une nouvelle expansion de la société. Exportée par des
norias de poids lourds dans tous les supermarchés et boutiques spécialisées bio d'Europe, les
légumes d'AgriEco sont dés le début de l'hiver en concurrence directe avec les produits des serres
« bio » d'Italie, du Maroc et d'Israël... Sur le pourtour méditerranéen, la guerre commerciale devient
farouche, pour le plus grand profit des intermédiaires.
Bien loin de ces dérives de la bio industrielle, la petite coopérative agricole de La Verde, dans la
sierra andalouse de Cadix, a été créée dans les années 1980 par des journaliers membres du SOC
qui ont mené à la fin du franquisme des luttes sans concession pour obtenir des terres. Six familles y
cultivent des légumes, des arbres fruitiers et élèvent quelques vaches et moutons sur quatorze
hectares. Elles commercialisent toute leur production en andalousie par le biais d'une autre
coopérative, Pueblos Blancos, qui regroupe vingt deux petits agriculteurs ou coopératives bio.
« Nous avons été parmi les premiers à nous lancer dans l'agriculture biologique, explique
M.Manolo Zapata. Elle était en accord avec l'agriculture de nos grands – et arrière – grands –
parents et allait dans le sens de notre lutte. Si l'agriculture biologique ne sert pas à rétablir l'équité,
la justice, l'autonomie, l'autosuffisance et la souveraineté alimentaire, elle n'a aucun sens. Et les
certificateurs ne nous aident pas. Un agriculteur qui diversifie ses cultures et cultive plusieurs
variétés sera plus lourdement taxé que celui qui ne fait que de la monoculture intensive. »
Pour avoir dénoncé publiquement le soutien du principal organisme certificateur espagnol, le
Comité andalou d'agriculture écologique (CAAE), aux grandes entreprises du « bio-buisness », La
Verde a dû subir une avalanche d'inspections. Alors que ses membres ont créé la plus importante
banque de semences paysannes d'Espagne, qui leur permet d'assurer leurs cultures et fournit tous les
petits producteurs bio de la région, ils craignent que la répression ne s'abatte sur eux. « Il existe des
lois et des normes qui répriment le droit ancestral de reproduire les semences et qui nous empêche
de certifier ces variétés anciennes que nous avons sauvegardées. » La réglementation européenne
de l'agriculture biologique impose en effet d'utiliser des semences certifiées bio. Si elles n'existent
pas, il faut recourir aux semences conventionnelles du marché. « Pour le moment, tout se passe à la
limite de la légalité, mais si demain la vente de nos produits est interdite, on va nous obliger à
cultiver avec des semences bio vendues par Monsanto11 (11). » Prenant exemple sur certains
paysans de Nature et Progrès, les membres de La Verde envisagent de se retirer de la certification
bio.
En Colombie, en Bolivie, au Brésil, en Inde, en Italie, en France, des exemples comme celui-ci se
multiplient... La résistance au bio-buisness s'organise sur toute la planète. De plus en plus de
paysans, de communautés rurales et de petites coopératives de producteurs défendent une
agriculture paysanne et des modes de culture agro-écologiques qui privilégient des exploitations à
taille humaine respectueuses de la biodiversité et de la souveraineté alimentaire. Beaucoup refusent
les certifications et pratiquent les systèmes participatifs de garantie fondés sur une relation
d'échange et de confiance entre producteurs et consommateurs. Des réseaux de défense des
semences paysannes se développent pour imposer le droit des paysans à produire et à
commercialiser leurs propres semences.
11 « A qui profite la récolte ? La politique de certification des semences biologiques », rapport de l'organisation Grain,
Barcelone, janvier 2008 ; www.grain.org
5
En France, les Associations pour le maintient de l'agriculture paysanne (AMAP), qui mettent
directement en relation producteurs et consommateurs sans passer par le marché, connaissent un tel
engouement que la demande ne parvient pas à être satisfaite. L'association Terre de liens collecte
avec succès des fonds solidaires pour permettre l'installation de jeunes agriculteurs en bio. Pour se
démarquer de la réglementation européenne, la Fédération nationale d'agriculture biologique
(FNAB) a créé une nouvelle marque : Bio Cohérence. Elle viendra en complément de la
certification officielle en exigeant le respect d'un cahier des charges beaucoup plus rigoureux et
l'adhésion à des principes inspirés de ceux adoptés par l'Ifoam en 1972. a l'écart de la
réglementation, Nature et Progrès défend son cahier des charges garant d'une agriculture biologique
paysanne.
L'intégration ou non des valeurs sociales et écologiques au sein des préoccupations des producteurs,
des transformateurs et des consommateurs de la bio déterminera son avenir. Deviendra-t-elle un
simple pan du marché soumis aux seuls intérêts du libéralisme économique ? Ou sera-t-elle encore
porteuse d'une alternative à ce libéralisme.
Philippe Baqué

Guillaume

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Re: Un article paru en février

Message  thierry le Jeu 21 Juil - 6:09

C'est un article du monde diplo pas du journal le monde !!!
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thierry

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